Le mot Alchimie vient d’Al Kemia.
Al / El = Dieu. Kemia = Terre noire.
« Al kemia » voulant donc dire « Terre de Dieu » mais peut être aussi traduit par “Art sacré ».
Car effectivement, l’alchimie est une sorte d’art, un chemin divin et non pas une science.
Car ce qui est incroyable, c’est que “le résultat ne dépendra pas seulement des matériaux, des outils … mais bien de l’expérimentateur lui-même » (Patrick Burensteinas).
Selon mon Maître en alchimie Louis Cayla : “L’alchimie est une voie initiatique aussi ancienne que l’écriture. Cette voie initiatique, comme toute voie initiatique est une voie de solitaire. C’est une voie de transformation : alchimie interne. Ce que recherche l’alchimiste, c’est de se mettre en unité avec l’Univers sans aucun intermédiaire, il est en chaque chose et chaque chose est en lui. La seule règle à laquelle obéit l’alchimiste est de faire ce qui lui semble juste : ce qui rassemble est bon, ce qui divise est mauvais.”
L’alchimiste travaille à la fois dans la matière et à la fois en lui-même.
On peut dire que son but est de faire disparaître la matière pour manifester la lumière.
D’ailleurs, « Lumière » en hébreu se nomme Ohr ou Aour, l’or-lumière que l’alchimiste tente de révéler.
Persévérer (« percez et vous verrez ») est un des secrets de l’alchimiste ou de tout autre chercheur de lumière.
Pour cela, il va tenter de créer la pierre philosophale par un cheminement, Le Grand Œuvre, qui consiste en 3 étapes obligatoires :
– L’Oeuvre au noir : on décompose la matière,
– L’Oeuvre au blanc : on purifie et on réunifie,
– L’Oeuvre au rouge : on fait pénétrer la lumière.
Ramené à l’homme cela peut signifier :
Déposer les armes, les croyances limitantes (celles que l’on porte telles « des croix en soi »), les vieux schémas, l’autosabotage … pour arriver dans une sorte de No man’s land ou il n’y a plus de repères, plus rien de familier, se dépouiller.
Puis revenir en son centre, revenir à son essence pour ne faire qu’un à nouveau avec elle.
Enfin réveiller ou attiser sa flamme intérieure pour la porter haute et la faire flamboyer en union avec la Source, l’Un, Dieu …
Mais n’est-ce pas déjà le processus entrepris depuis notre 1ere incarnation et qui se peaufine de vie en vie ?
Dans ce cas, le processus alchimique est très lent mais permet toutes sortes d’expériences qui nous poussent invariablement à nous transformer profondément.
Cette pierre philosophale, appelée par certains St Graal, par d’autres pierre des miracles ou encore élixir de vie éternelle, aurait tout autant de bienfaits que de dénominations : vieillir très lentement, percer les 7 voiles (qui nous empêche de voir la lumière), opérer des transmutations (changer le plomb en or …) …
Mais au final, cette pierre philosophale, n’est-elle pas tout aussi symbolique ?
Le symbole de notre graal intérieur ? La coupe où nous accueillons notre propre feu intérieur, notre propre lumière divine.
Le symbole de notre cristal (Christ) intérieur qui nous guide telle une boussole de lumière ? Notre divinité faite homme.
Un rappel constant à ne pas oublier notre essence originelle.
Un appel au Soi divin toujours en écho : « reviens à toi, reviens en toi, reviens au Soi. »
Un appel à être/vivre sa propre divinité tout simplement.
Une quête spirituelle …
On dit de cette pierre qu’elle peut être réalisée, dans la matière, dans les 3 règnes de la nature et donne, à l’alchimiste qui l’a réalisé, le pouvoir sur ce règne :
– La pierre végétale : qui se réalise à partir de plantes,
– La pierre animale : qui se réalise à partir de sang,
– La pierre minérale : qui se réalise à partir de métaux.
Mais la pierre philosophale à proprement dite ne pourrait être réalisée que dans le règne Minéral.
Quel que soit le règne privilégié par l’alchimiste, pour créer cette pierre, il devra emprunter une des 3 voies suivantes :
– La voie humide : on purifie la matière par la dissolution.
Cette voie est considérée comme féminine et plus lente.
– La voie sèche : on purifie la matière par le feu.
Cette voie est considérée comme masculine et plus dangereuse.
– La voie royale : c’est le corps qui sert de matière.
Cette voie est considérée comme difficile et abstraite.
Dans la voie sèche, l’athanor, le foyer, en est la fondation et le feu qui ne s’éteint jamais, sont outil de transformation.
Feu de la destruction, feu de la création.
Feu intérieur dans la Voie royale, qui se trouve dans notre propre athanor corporel, notre ventre, lieu de nombreuses créations : poche du bébé, énergies du hara, chakra sacré …
La Voie royale est en quelque sorte la voie qui est choisie par toute personne désirant se dépouiller et revenir à sa divinité intérieure, à sa lumière divine.
C’est-à-dire, toute personne entreprenant le chemin de retour à elle-même.
La Voie de l’amour … en quelque sorte.
Car la lumière-or se dit aussi en hébreux Aour = Amour.
S’un-carner (s’incarner), se dé-composer pour se ré-véler.
Donner un corps (Corpus) à l’âme (Animus) et à l’esprit (Spiritus) afin d’avoir la possibilité d’incarner sa lumière sur Terre mais aussi pour l’expériencer.
Le principe Sel qui fixe (le corps), le principe Soufre qui met en mouvement (l’âme), le principe Mercure qui fait circuler l’information (l’esprit).
Corps-Ame-Esprit, tous les 3 liés dans un mariage alchimique intérieur = ré-unir l’humain au divin.
Incarnation qui permet aussi la transmutation des 7 émotions primordiales, via les 7 fameux métaux.
– Le Chaos intérieur avec le Plomb,
– La Vengeance avec l’Étain,
– La Difficulté à communiquer avec le Cuivre,
– La Colère avec le Fer,
– La Vanité avec le Mercure,
– La Peur avec l’Argent,
– Et l’Orgueil avec l’Or.
A chaque stade d’évolution intérieur comme extérieur un matériau (émotion ou métal) se délite et se transforme pour passer à un état supérieur. Permettant un peu plus à chaque fois, à la lumière de percer les ombres et au corps de s’alléger.
Pour finir, je ne pouvais pas parler d’Alchimie sans évoquer le Langage des oiseaux qui est une pure merveille à mon sens.
Ce célèbre langage est considéré comme le langage codé des alchimistes.
Mais peut-être est-il tout aussi un langage dé-codé par les alchimistes …
Comme pour les matériaux, le langage, les mots vont subir une transmutation pour devenir ou re-devenir des mots de pure essence (revenant à leur essence première), des mots qui nous relient au divin.
L’alchimie étant un art hermétique et une voie de solitaire, ce langage ainsi que tous les livres qui y sont liés ne peuvent être dévoilés que par cheminement intérieur, patience et persévérance.
C’est pour cela, entre autres, que l’on dit de ce langage qu’il est subtil, donc volatil.
Mais c’est aussi bien plus selon Patrick Burensteinas : “C’est l’art d’entendre derrière les mots leur musique, inspirée d’une étymologie réelle ou imaginaire, comme si les sons chantaient à la conscience une autre vérité parallèle et intimement sue ».
La langue des oiseaux peut être comprise et/ou utilisée de plusieurs manières.
En « décortiquant » et en jouant avec les mots : ce que j’ai fait tout le long du texte, et en voici quelques autres :
– « opportunité » : « aux portes de l’unité »
– « sacré : « ça crée »
– « orange » : « l’or en je ».
Mais aussi en allant chercher la signification de chaque lettre d’un mot et de chaque lettre entre elles. Entre autres, aller à la rencontre alchimique de son prénom et un vrai art sublime et utile !
Il y a tellement de belles choses à dire sur l’alchimie et je n’ai fait qu’aborder ici certains de ces aspects.
Mais comme l’alchimie est un chemin vers soi, je te laisse continuer le chemin seul/e.
Bon voyage !
